Et ça cogne, et ça cogne et ça cogne encore... Juste une trêve, un repos de l'âme même bref tant qu'il est présent...
Secs Les Yeux : Ils ont trop pleurés.
Moites les Mains : Elles générent son Angoisse.
Pâle le teint : Il exprime sa fatigue.
Lasse son âme : Elle caractérise son Essence.
Passivité qui nous domine face à l'activité Vitale... Vitale ou Humaine ? Ce n'est pas tant la Vie qu'il rejette mais le flot des sentiments que confectionne l'Être qu'il ne désire plus ce soir.
Soupir.
Et on repense doucement à un poème appris en cours d'anglais au lycée : le cerveau emets parfois des liaisons bien curieuses entre les souvenirs et les états d'âmes... :
Arrêter les pendules
W.H. Auden (1907-1973)
Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.
Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots Il Est Mort,
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police
Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort.
Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démonter la lune et le soleil
Vider l'océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
Et encore une fois pas ce soir. Ca ne vient pas. Les maux sont là, mais les mots me quittent.